La CGSP-ADMI du Hainaut Ouest au conseil provincial du Hainaut

Les militants de la CGSP-ADMI du Hainaut Ouest au conseil provincial du Hainaut afin de faire entendre la crainte des fonctionnaires provinciaux suite à la volonté de gouvernement wallon MR/CDH – et soutenu par les écologistes – de vider les provinces d’une série de compétences. Les provinces ne sont pas un jouet électoral, elles ont toute leur utilité !

Ce mardi matin, la CGSP-Admi a mené une action au gouvernement provincial du Hainaut à Mons. Une centaine de militants ont pu rentrer dans l’hémicycle pour faire entendre leur mécontentement face à la réforme annoncée des provinces. Prise de parole de Laurent Dufrasne dirigeant responsable de la CGSP-Admi-Ouest et Pascal Douliez, secrétaire régional CGSP-Admi

Interview de Dorothée De Rodder Conseillère provinciale Chef de Groupe PS et de Serge Hustache Président du Collège provincial.

Depuis quelques temps, poussés par une fièvre pré électoraliste, Les partis politiques de la majorité du gouvernement wallon ressortent leurs vieilles fausses bonnes idées politiques racoleuses en leur attribuant hypocritement le qualificatif de « modernisation » institutionnelle.

L’une d’entre-elles consiste à supprimer les provinces prétextant que l’on pourrait faire mieux pour moins cher sans supprimer d’emplois.

Vous vous imaginez bien que ce genre de propos ne peut que faire bondir et courroucer le syndicaliste que je suis, d’autant plus que personne n’a encore réussi à faire la démonstration que ce serait mieux sans elles.

Car pour bien comprendre ce que représente la province au quotidien, il faut pouvoir en planter le décor.

Me concernant, je me limiterai au paysage que je connais le mieux à savoir la Wallonie Picarde où la Province de Hainaut occupe 1500 personnes dont plus de la moitié sont enseignants. On y accueille près de 6000 étudiants qui bénéficient d’un enseignement de qualité reconnu de tous !

Mais les domaines dans lesquels la Province intervient sont infinis et insoupçonnés. Dans un territoire plus large qu’une commune, elle donne accès au sport et à la culture, à la formation, à la santé, à l’action sociale… Je citerai pèle mêle quelques exemples pour ma région de ce que pèse la province avec entre autres :

L’antenne sociale de formation pour les travailleurs des communes, des CPAS et de la Province qui reçoit chaque année 900 personnes, le centre de restauration de tapisseries, les animateurs sportifs, le Moulin de la Hunelle qui occupe 100 travailleurs dont 80 porteurs d’un handicap, le centre d’accueil pour enfants placés par le juge « Les tourelles », les PMS, les services de la santé mentale qui accueillent chaque année plus de 1000 personnes, les laboratoires d’analyses, les aides aux agriculteurs avec le bureau d’économie rurale, etc, etc…

Bref, à travers cette liste non-exhaustive, je voulais vous démontrer que la province est partout dans le quotidien de notre population et qu’elle est un service public de proximité indispensable à chacun d’entre nous.

Par conséquent, supprimer la province entrainerait inévitablement un nivellement vers le bas de la qualité de ses services.

D’un point de vue syndical, il y a un élément qui me pousse plus que jamais à soutenir les provinces et celle du Hainaut en particulier. Cet élément est le climat social que l’on est parvenu à instaurer car elle est un bel exemple en matière de bien-être au travail tout comme elle est un bel exemple concernant la pérennisation de celui-ci.

J’en veux pour preuve que 70% de ses travailleurs sont statutaires alors que la moyenne des travailleurs de la région wallonne ainsi que celles des pouvoirs locaux arrivent difficilement à atteindre les 35%.

Donc, supprimer les provinces pour des entités fédérées ou locales entrainerait un lourd préjudice pour le citoyen. La gestion publique, et plus encore quand elle est saine, est une garantie de bons services.

Et à ce titre, on peut dire que la Province a fait son examen de conscience, qu’elle s’est bien redressée tout en garantissant les services et l’emploi.

Et si certains parmi vous disent que cette action est politique, oui elle l’est tout comme nos actions de grèves et de manifestations le seront ! Lorsque les travailleurs contestent des décisions et des mesures prises par un niveau de pouvoir politique quel qu’il soit alors oui l’action et la grève sont systématiquement politique.

Il y a aucune honte à avoir par rapport à cela et c’est avec fierté, courage et sens des responsabilités que nous l’assumons car la politique et le fonctionnement des institutions de ce pays n’est pas et ne sera jamais une exclusivité décisionnelle appartenant à une oligarchie autoproclamée. Que vous le vouliez ou non, les travailleurs et leurs représentants doivent être écoutés et entendus quand l’avenir de leur institution est menacé. Et à ce titre, ils sont en droit de s’inviter à travers tous les débats les concernant tout comme ils sont en droit d’agir pour empêcher la disparition de leur institution.

D’ailleurs, on entend trop souvent certains mandataires toujours issus du même parti mettre en opposition le droit de grève face au droit du travail.

Et bien aujourd’hui, je vais vous surprendre car moi aussi à travers cette action, je revendique pour l’ensemble des travailleurs de la province, le droit au travail.

Car contrairement à la définition erronée qu’ils en ont, le droit au travail ne peut être autre chose que l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme à savoir :

  1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
    2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
    3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
    4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Par conséquent, à travers son avant-projet de décret en vue de réformer les provinces avec notamment la suppression d’asbl qui à elles seules représentent 700 travailleurs, le gouvernement wallon MR-CDH s’attaque inévitablement à cet article 23 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

C’est pourquoi aujourd’hui, nous attendons de vous un engagement ferme et ce à l’unanimité du conseil provincial concernant un refus catégorique du transfert des travailleurs tel que repris dans l’avant-projet car au-delà du caractère inacceptable de celui-ci, cela entrainerait inévitablement des pertes d’emplois !

C’est pourquoi également nous vous demandons de ne faire aucun cadeau et de ne livrer aucun chiffre tant que des garanties sur le périmètre des compétences de transfert ne sont pas obtenues !

Car si nous pouvons entendre qu’il faut réformer la Province, je n’ai encore entendu personne avoir des arguments de fond qui remettent en cause son utilité et son efficacité. Tout ceci n’est que dogmatique !

Et si malgré tout, certains partis s’imaginent que la meilleure recette est de retirer la couche provinciale à la lasagne institutionnelle, qu’ils aillent s’inscrire à Flop Chef car tout bon cuisinier sait que dans toute bonne lasagne, il y a toujours de la sauce provinciale !!!

Et si certains parmi vous étaient tenté de me conter la fable du rat des villes et du rat des champs pour se dédouaner des décisions régionales de leur parti, je leur répondrais qu’un rat quel qu’il soit reste toujours un nuisible et qu’il est donc inutile de vouloir me vendre une image de rat des champs car de toute façon, la CGSP s’invitera dès lors dans leur campagne…électorale !

En conclusion mesdames messieurs, si je m’adresse à vous de la sorte, c’est que j’espère que vous aurez la force et le courage d’oublier les partis que vous représentez afin que vous puissiez exprimer ce que vous êtes en âme et conscience dans l’intérêt du personnel et des services aux hainuyers.

Pour m’avoir écouté, je vous remercie.